Voir aussi : Gland

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Nom commun 1) Du latin glans, glandis (« fruit du chêne »), mot féminin qui a aussi donné glande[1].
(Nom commun 2) Origine incertaine.

Nom commun 1 Modifier

Singulier Pluriel
gland glands
\ɡlɑ̃\
 
Deux glands (sens 1)
 
Roi de gland au portrait de Wurtemberg (sens 2)
 
Un gland (3c)
 
Des glands (3e)

gland \ɡlɑ̃\ masculin

  1. Fruit du chêne, akène logé dans une cupule.
    • Pourquoi trouve-t-on à la fin de l’automne dans le trou d'un mulot assez de gland pour le nourrir jusqu'à l'été suivant ? — (Georges-Louis Leclerc de Buffon, Discours sur la nature des animaux, in Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, page 488.)
    • Le Chêne est un grand arbre, un des plus vigoureux arbres de nos forêts. Son bois sert à toutes sortes d’usage. On l’emploie surtout pour les ouvrages solides et qui doivent durer. Son fruit, nommé gland, est enfermé dans une capsule qu'on nomme calice ; parce qu'elle en a la forme.— (Napoléon Landais, Choix de fables de La Fontaine expliquées aux enfants, E. Picard (Paris), 1846, p.71)
    • La malédiction de saint Withold soit sur ces damnés pourceaux ! dit le porcher après avoir violemment soufflé dans sa corne pour rassembler la troupe éparse des porcs, lesquels répondirent à son appel sur des tons également mélodieux, mais ne s’empressèrent pas toutefois de quitter le banquet luxurieux de faines et de glands dont ils s’engraissaient, […]. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Comme l’inaction des jeudis lui paraissait un gaspillage criminel, elle avait fondé la Société du Gland, qui avait pour but le reboisement des collines de l’Estaque : une fois par semaine, elle entraînait donc à travers la garrigue un état-major de vieillardes virginales, que suivait un bataillon de jeunes filles consternées.
      Déployées en tirailleurs, et s’arrêtant au commandement, ces prisonnières grattaient le gravier, et enterraient, sous une poignée de cailloux, un gland.
      — (Marcel Pagnol, Le temps des secrets, 1960, collection Le Livre de Poche, page 32)
    • Les fruits (glands) ne sont enveloppés qu’à leur base par une cupule écailleuse. — (Bourdu Robert, Le châtaignier, 96 p., page 17, 1996, Actes Sud, Le nom de l'arbre)
    • Selon l'image connue, le gland meurt en tant que gland pour s'épanouir en tant que chêne de quinze mètres de haut, non en tant que gland de quinze mètres de diamètre. — (Arnaud Desjardins, La Paix toujours présente, La Table Ronde, Pocket spiritualité, 2011, p. 157)
  2. (Cartes à jouer) Une des quatre enseignes d’un jeu de cartes germanique ou suisse, ainsi nommée parce que les cartes de cette couleur sont marquées de glands stylisés.
  3. (Par analogie de forme)
    1. (Anatomie) Extrémité du pénis ou du clitoris.
      • Latex sortit son sexe de sa braguette : − Regarde ! dit-il, et tire ton chapeau : j'en ai fait six avec. − Six quoi ? − Six lards. Et des beaux, t'sais, qui pesaient à chaque coup dans les vingt livres ; je sais pas qui va les nourrir à présent. Mais vous nous en ferez d'autres, dit-il, tendrement penché sur son gland. — (Jean-Paul Sartre, La Mort dans l’âme, 1949)
      • Je n'ai pas le temps de continuer mon laïus : H. tombe le froc et je me retrouve à bouffer de la tarte aux poils, tandis qu'elle m’agace le gland du bout de la langue. — (Jérôme Fansten, L'amour viendra, petite ! , Flamant Noir Éditions, 2014, p. 114)
    2. Ouvrage de fil, de soie, ou d’autre matière, qui est composé d’une espèce de tête arrondie et de filets pendants, et dont on se sert pour attacher ou orner les vêtements, les tentures, etc.
      • Quand il s’entendit annoncer, […], et qu’il reçut le regard apprêté du poète qui jouait avec les glands de sa somptueuse robe de chambre, Dumay fut si complètement interdit qu’il se laissa interpeller par le grand homme. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
      • La hufa est une petite cape de laine noire, ronde, plate, piquée dans les cheveux avec des épingles, et laissant flotter sur l'épaule un long gland de soie noire étranglé dans un petit cylindre d'argent; rien de plus coquet que cette coiffure si simple. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 50)
      • A la bride et au mors arabe on ajoute, aux grandes occasions, une large bande frontale ornée de franges et un gros gland pendant au cou du cheval. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 85)
      • Une plantureuse matrone se coiffe avec majesté d'un tarbouche à glands d'or, orné sur le devant d'un croissant de cuivre. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans Trois contes de l'Amour et de la Mort, Corrêa, 1940)
    3. (Pâtisserie) Gâteau en forme de gland de chêne, constitué de pâte à choux fourrée de crème pâtissière généralement aromatisée au kirsch, avec un glaçage fondant vert, blanc ou rose et du pailleté de chocolat sur une extrémité.
    4. Accessoire utilisé pour actionner à distance une sonnette.
      • S'il ne touchait que le vide, par suite d'un adroit mouvement de la belle, il portait ses doigts honteux vers son nez, et en tirait la pointe arrondie et rougeaude, comme on fait à un gland de sonnette. — (René Boylesve, La leçon d’amour dans un parc, Calmann-Lévy, 1920, collection Le Livre de Poche, page 116)
    5. (Antiquité, Histoire) Projectile en plomb utilisé dans des frondes par l'armée romaine entre autres.
      • Conscients de leur force, ils gravaient parfois des messages sur des glands qu’ils envoyaient à l’ennemi, nom de leur général, formules rituelles ou menaces… Ainsi, lors du siège d’Athènes, en 86 avant J.-C., les soldats grecs au service du général romain Sylla avaient prévenu les Athéniens du sort qu’ils comptaient faire subir à leurs épouses après la victoire... — (La fronde, l'arme fatale des romains ? de Bernadette Arnaud pour Sciences et Avenir le 15 août 2015)
    6. Petit étau à main, utilisé par divers artisans dont les peigniers.
      • Le gland est une sorte d'étau de bois muni d'un long manche dans lequel est emprisonné le dos du peigne pendant toute cette phase du travail. — (Artisans de l'élégance, Éd. Réunion de musées nationaux, 1993)
  4. (Figuré) (Vulgaire) (Injurieux) Imbécile, tête de nœud.
    • C'est un gland, ce mec.
    • Excepté deux facteurs qui bouffent du saucisson dans un coin et un vieux gland qui sirote un Vittel, c'est l'heure creuse. — (San-Antonio, C'est mort et ça n'sait pas, 1980)
  5. (Argot) (Figuré) Individu inactif, qui glande.

NotesModifier

Le terme gland (au sens 1) était parfois utilisé jusqu’au XIXe siècle au singulier en tant que nom massif, appelé aussi nom indénombrable (cf citation de Buffon ci-dessus).

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

TraductionsModifier

imbécile → voir tête de nœud

Nom commun 2Modifier

Singulier Pluriel
gland glands
\ɡlɑ̃\

gland \ɡlɑ̃\ masculin

  1. Sorte de tenailles en bois qui était utilisées par les parcheminiers et les fabricants de peignes

PrononciationModifier

Voir aussiModifier

Enseignes en français
       
cœur carreau trèfle pique
       
cœur grelot gland feuille
       
rose grelot gland bouclier
       
coupe denier bâton épée
  • gland sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier

AnglaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin glans, glandis.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
gland
\Prononciation ?\
glands
\Prononciation ?\

gland

  1. (Anatomie) Glande.
  2. (Mécanique) Presse-étoupe

DérivésModifier

PrononciationModifier