Voir aussi : quatrevingts

Étymologie

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Quatre-vingts (80) provient probablement de l’ancien système vigésimal de numération (4×20) utilisé par les Vascons, premier peuple qui aurait colonisé l’Europe après la dernière glaciation il y a 20 000 ans, depuis l’actuel Pays Basque. Système qui aurait été par la suite emprunté par les Celtes lors de leur invasion de la Gaule et utilisé en ancien français. [1][2][3][4]
Le système décimal positionnel n’a pu s’imposer d’abord que pour les besoins scientifiques et techniques après l’adoption (très tardive) du zéro nécessaire au système positionnel (permettant d’exprimer des nombres de grandeur et de précision arbitraire), puis la réduction et la simplification du nombre de chiffres nécessaires pour exprimer tous les nombres dans le système décimal en utilisant des chiffres arabo-indiens (chiffres importés en Europe par les commerçants et mathématiciens arabes notamment en Andalousie) au lieu des traditionnels nombres romains.
Cependant, même après la conversion très lente des unités de mesure et monétaires dans le monde, la généralisation de la décimalisation reste encore aujourd’hui inachevée (même en France qui en a été pourtant le principal défenseur), et il subsiste encore des traces de l’ancien système dans la langue française, telle qu’elle est parlée en France notamment, dont tous les nombres n’ont pas été décimalisés avec succès (et notamment pas les plus grands nombres, entre 69 et 99, beaucoup moins employés et dont l’évolution a été plus lente).

Adjectif numéral

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Le nombre quatre-vingts écrit en chiffres.

quatre-vingts \ka.tʁə.vɛ̃\ pluriel invariable cardinal

  1. (Antéposé) Soixante-dix-neuf plus un, soit huit fois dix, adjectif numéral cardinal correspondant au nombre 80. Note : Il ne s’écrit avec un s qu’en tant que cardinal (exprimant une quantité et non un numéro d’ordre), sauf quand il précède un autre nombre auquel il est joint et qui modifie donc la valeur du nombre résultant → voir quatre-vingt. S’écrit toujours avec un trait d’union.
    • Pour quatre-vingts pour cent des Français, c’était à cause de Bazaine qu’on avait perdu la guerre. — (Charles Exbrayat, La Désirade, Albin Michel, 1985, première partie, chapitre 2)
    • Quatre-vingt-trois livres. (exemple de quatre-vingt sans s suivi d’un autre nombre).

Transcriptions dans diverses écritures

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→ voir 80

Variantes orthographiques

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Variantes 

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Synonymes

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Dérivés

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Apparentés étymologiques

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Vocabulaire apparenté par le sens

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Traductions

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Nom commun

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quatre-vingts \ka.tʁə.vɛ̃\ masculin et féminin identiques invariable

  1. (Au masculin) Nombre 80, entier naturel après soixante-dix-neuf.
  2. (Par métonymie) Chose portant le numéro 80.
  3. (Sans article) (Par ellipse) Année qui se termine par 80, par exemple 1980.
    • Il est né en quatre-vingts.

Traductions

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Prononciation

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Quatre se prononce parfois quat’ \kat\, mais quatre-vingts se prononce toujours \ka.tʁə.vɛ̃\.

Voir aussi

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Références

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Précédé
de soixante-dix-neuf
Cardinaux en français Suivi
de quatre-vingt-un


  1. « Le vascon, première langue d’Europe ? », Pour la Science, Dossier n° 82, janvier-mars 2014.
  2. T. Viennemann, A. Bammes-Berger, M. Bieswanger, Languages in Prehistoric Europe, Universitätsverlag Winter, 2004.
  3. T. Viennemann, Europa Vasconica - Europa Semitica, éditions Mouton de Gruyter, collection "Trends in Linguistics : Studies & Monographs", 2003.
  4. T. Viennemann, « Les Basques, les Sémites et les Indo-Européens », in Langage et culture des Indo-Européens, Innsbruck 1998.