Ouvrir le menu principal

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

De l’ancien français gole, du latin gŭla (« gosier, gorge »). (Vers 980) gola.
Le mot gueules (voir ce mot), utilisé en héraldique, pourrait lui être apparenté quoique cela fasse encore débat.

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
gueule gueules
\ɡœl\

gueule \ɡœl\ féminin

  1. Bouche chez les animaux carnassiers, chez certains poissons et certains gros reptiles.
    • La rainette, atteinte en plein flanc, écartait les pattes et ouvrait la gueule en montrant son goitre blanc. — (Louis Pergaud, Un sauvetage, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Gueule béante. — Le lion emportait sa proie dans sa gueule. — Il avait la gueule ouverte pour l’engloutir.
    • (Figuré)Tout d’un coup, lentement, comme une gueule, s’ouvrirent les deux battants des portes […]. — (Ivan Tourgueniev, L’Exécution de Troppmann, avril 1870, traduction française de Isaac Pavlovsky, publiée dans ses Souvenirs sur Tourguéneff, Savine, 1887)
    • (Figuré)[…], un récif au large, dragon gigantesque, la gueule terrifiante, l’épine dorsale et la longue queue hérissées de pointes, semble en interdire l’accès; […]. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
  2. (Populaire) (Méprisant) Bouche. Note : Utilisé dans des expressions.
    • Être fort en gueule, parler beaucoup et en langage trivial.
    • Fermer sa gueule, se taire. (Ferme) ta gueule, tais-toi. (Vulgaire)
    • Il en a menti par la gueule, par sa gueule. (Désuet)
    • Vous en avez menti par la gueule ! s’écria Marigny. — (Maurice Druon, Les Rois maudits, tome 2, « La Reine étranglée »)
    • Il a la gueule ferrée, c’est une gueule ferrée, se dit de quelqu’un qui a souvent l’injure à la bouche. On le dit aussi de celui qui mange avidement des mets très chauds.
    • Dans ce dernier sens, on dit également avoir la gueule pavée.
    • Gueule fraîche se dit d’une personne de bon appétit et toujours prête à manger.
    • Mots de gueule, paroles brutales, vertes, populacières.
    • Crever la gueule ouverte, se dit d'un attentisme flagrant d'une tierce personne.
  3. (Populaire) (Méprisant) Visage.
    • — Deux fois l’falot, comprends-tu? et tel que j’te l'dis, condamné à mort pour avoir filé ma crosse dans la gueule de mon lieutenant. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • Seb le connaît un peu, il paraît que ce gars envoie des patates de forain, couche ses ennemis d'une tarte dans la gueule avant de leur faire danser la Macarena. — (Zarca, Paname Underground, Paris : Editions Goutte d'Or, 2017, chap. 14)
    • Donner sur la gueule à quelqu’un, lui donner un soufflet, lui donner un coup de poing sur le visage.
    • Quoi ma gueule ?
      Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?
      Quelque chose qui ne va pas ?
      Elle ne te revient pas ?
      — (Ma gueule, chanson interprétée par Johnny Hallyday)
    • On ment bien de la bouche, mais avec la gueule qu’on fait en même temps, on dit la vérité quand même. — (Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal, 1886)
  4. (Par analogie) Ouverture de certains objets.
    • Enfin l’Othello, qui se trouvait alors à dix portées de fusil, montra distinctement les gueules menaçantes de douze canons prêts à faire feu. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • […], on aperçoit, au fond de la baie, une longue ligne de murailles grises flanquées de tours et de bastions […]. Elles sont garnies de vieux canons, presque inoffensifs aujourd'hui, mais à la gueule toujours menaçante braquée sur la mer; […]. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 20)
    • Elles emplissent à ras la gueule un alambic de cuivre. — (Jean Suquet, Le scorpion et la rose‎, page 178, 1970)
    • (Vieilli)La gueule d’un four. — La gueule d’une cruche. — La gueule d’un sac.
  5. (Par analogie) Ouverture d'un terrier.
  6. (Botanique) Labié.
    • Fleur, corolle en gueule.
  7. Appétit, voire goinfrerie.
    • Bouilloux et Labbé, curiosités gargantuesques, font assaut de gueule, chez les Septmance comme partout où l’on se marie. Labbé boit le vin blanc dans un seau à traire les vaches, Bouilloux se voit apporter un gigot entier dont il ne cède rien à personne, que l’os dépouillé. — (Colette, La maison de Claudine, Hachette, 1922, coll. Livre de Poche, 1960, pages 61-62.)
    • L’Adélaïde lui fit observer que le litre de vin était à sept sous et qu’il fallait faire durer le tonneau jusqu’aux prochaines vendanges. Elle ajouta que les hommes étaient tous pareils. Ils ne pensaient qu’à leurs gueules. — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, collection Le Livre de Poche, page 35.)

VariantesModifier

SynonymesModifier

Bouche d’animal :
Visage :

→ voir visage#Synonymes

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

Proverbes et phrases toutes faitesModifier

TraductionsModifier

Traductions à trierModifier

Forme de verbe Modifier

Voir la conjugaison du verbe gueuler
Indicatif Présent je gueule
il/elle/on gueule
Imparfait
Passé simple
Futur simple
Subjonctif Présent que je gueule
qu’il/elle/on gueule
Imparfait
Impératif Présent (2e personne du singulier)
gueule

gueule \ɡœl\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de gueuler.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de gueuler.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de gueuler.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de gueuler.
  5. Troisième personne du pluriel du subjonctif imparfait de gueuler.
  6. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de gueuler.

PrononciationModifier

HomophonesModifier

Voir aussiModifier

  • gueule sur l’encyclopédie Wikipédia  

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

Nom commun Modifier

gueule \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de gole.

RéférencesModifier