Wiktionnaire:Actualités/101-août-2023

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Actualités du Wiktionnaire

Numéro 101 — août 2023

Wiktionnaire:Actualités est un journal mensuel sur le Wiktionnaire, les dictionnaires et les mots. Il est publié en ligne depuis avril 2015. Son écriture est ouverte à toutes les bonnes volontés. Vous pouvez recevoir un avis lors de la publication des prochains numéros, consulter les anciens numéros et participer au brouillon de la prochaine édition. Vous pouvez lire aussi les Regards sur l’actualité de la Wikimedia. Pour les commentaires, critiques ou suggestions, voir la page de discussion.

Millet.

Du millet (Panicum miliaceum L.) photographié par Eliška Jindříšková, proposé dans le cadre du défi photo sur le thème du millet, une activité organisée chaque mois sur Wikimedia Commons (cliquer sur l’illustration pour la voir en entier).

Brèves d’ici

  • CKali et Richaringan rejoignent la patrouille, pour relire les nouvelles contributions au Wiktionnaire.
  • Scriptance engage un débat sur la connaissance située, proposant d’indiquer plus clairement la nature des références utilisées, en présentant davantage l’Académie française notamment.
  • Noé a attiré l’attention sur la page Wiktionnaire:Notes qui présente les conventions sur les notes rédigées dans le Wiktionnaire, une page rédigée en décembre 2021 et améliorée à ce mois.
  • Le Wiktionnaire en pa’o est sorti de l’incubateur le 16 août dernier. Il s’agit d’une langue sino-tibétaine parlée par 1,5 million de personnes en Birmanie.


Relier (sémantiquement) les points

Dans le précédent numéro des Actualités, j’ai évoqué des phrases qui provoquent des confusions sémantiques. Dans cette chronique-ci, je propose des phrases qui induisent, le plus souvent, le cerveau à relier les points. Voici quelques exemples :

  1. La vieille planche sur le tas.
  2. Le grand lit au carré.
  3. Le grand manque d’enthousiasme.
  4. Le saint siège à Rome.
  5. Le vieux moule à terre.

Régulièrement, les gens sont incapables de reconnaître qu’il s'agit de phrases complètes (sujet-verbe-complément). Croyant lire des phrases incomplètes, leur cerveau comble les « trous ». Par exemple, mon cerveau pourrait comprendre :

  1. [J'ai jeté] La vieille planche sur le tas.
  2. [Le caporal a montré comment faire] Le grand lit au carré.
  3. Le grand manque d’enthousiasme [de Géo Trouvetou est évident].
  4. Le saint siège [se trouve] à Rome.
  5. Le vieux moule à terre [est rouillé].

J’ai comblé les « trous » à partir de mon expérience. Votre cerveau créera des alternatives valables et compréhensibles. L’action de combler les « trous » est un processus cognitif normal puisque l’immense majorité d’entre nous a été formée à dégager du sens des informations auxquelles nous sommes exposées. Si vous n’êtes pas convaincu de ce que j’avance, je vous invite à lire la page Wikipédia Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée, particulièrement les chapitres « Normes, surprises et causes » et « Mécanique des jugements ».

Une rapide analyse de chaque phrase montre que le deuxième mot est à la fois adjectif et nom commun, alors que le troisième est à la fois nom commun et verbe conjugué. En utilisant PetScan, j’ai découvert que plus de 12 500 mots sont à la fois adjectifs et noms communs en français (requête PetScan 18544732). Je peux trouver tous les noms communs qui sont aussi des verbes conjugués, soit plus de 7 200 (requête PetScan 18544739). Le nombre de phrases possibles dépasse 90 millions (12 500 × 7 200). Il faut étudier les deux listes pour créer des phrases sensées. Je calcule à la louche qu’il y a probablement des milliers de phrases de ce type en français qui font du sens après analyse.
— une chronique par Cantons-de-l'Est

Brèves d’ailleurs

  • La Vitrine linguistique qui regroupe le Grand dictionnaire terminologique et la Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois à la langue française met en ligne un glossaire des termes de métalangage, avec d’expliquer près de 300 mots utilisées pour l’explication des entrées de son dictionnaire.
  • Massinissa Garaoun publie un article sur le hawəssəŠ dans la revue de sociolinguistique Glottopol. Il s’agit d’un cryptolecte des minorités de genre et de sexualité du Nord-ouest marocain qui emprunte à plusieurs langues. Un lexique figure en annexe à l’article.
  • Et si on fouillait dans les actes des conférences universitaires Traitement automatique des langues naturelles de ces 20 dernières années afin d’observer quelles ressources lexicales sont les plus souvent citées ? C’est la démarche explorée par Hee-Soo Choi, Karën Fort, Bruno Guillaume et Mathieu Constant dans un article universitaire publié en ligne. Le Wiktionnaire n’est pas considéré comme une ressource lexicale créée par des universitaires dans un but d’études linguistiques, et n’apparaît donc pas dans le classement. La conclusion explore la possibilité d’établir des critères afin d’être davantage réutilisé et cité, sans parvenir à les proposer à ce stade. À suivre !

À voir ou écouter

Quelques émissions audio ou vidéo sur la lexicographie, la linguistique et la langue française sorties ou découvertes ce mois-ci.

  • Rob Watts, de la chaîne YouTube RobWords, publie une vidéo en anglais sur les noms de villes moches, principalement en Angleterre et aux États-Unis, avec un top mondial qui inclut à son sommet un village de France !
  • La chaîne YouTube anglophone de Geoff Lindsey n’a pas encore été présentée dans les Actualités, alors qu’elle propose près de cinquante vidéos explicatives sur la linguistique et en particulier sur la phonétique. La plus récente porte sur le phénomène de la voix craquée (ou laryngalisation).
Sorgho.

Du sorgho (Sorghum bicolor) ou millet à balai, photographié par Thamizhpparithi Maari.


Statistiques

Du 20 juillet 2023 au 20 août 2023

  + 37 606 entrées et 242 langues dont le nombre d’entrées a été modifié (un record depuis que cette donnée est recensée), pour atteindre 4 942 115 entrées et 1 368 langues avec au moins cinq entrées. Par ailleurs, le Wiktionnaire passe le cap des 5 000 langues répertoriées.

  + 3 552 entrées en français pour atteindre 414 397 lemmes et 649 852 définitions.

  Les cinq langues qui ont le plus avancé, outre le français, sont le portugais (+ 24 354 entrées), le same du Nord (+ 2 889 entrées), l’allemand (+ 2 379 entrées), le breton (+ 720 entrées) et l’occitan (+ 671 entrées).

  Les nouvelles langues sont : le kikaï (+25), le moyen okinawaïen (+4), le chinois archaïque (+3), le naukan (+2), le kwa’ (+1), le palaung ruching (+1), le jeng (+1), le pong (+1), le serbo-croate (+1), le swo (+1), le tho (+1) et le tai don (+1).

  + 6 483 citations ou exemples en français pour atteindre 596 700 pour les entrées en français, et 292 654 pour les entrées d’autres langues (+1 433).

  + 458 médias d’illustrations (images et vidéos) dans les pages principales du Wiktionnaire, pour atteindre 74 815.

Du 31 juillet au 31 août 2023

  + 4 375 sections de langue contenant au moins une prononciation audio (dont 489 pour le français) pour atteindre 496 638 sections de langue contenant au moins une prononciation audio pour 164 langues (dont 165 113 pour le français).

  + 2 nouveaux thésaurus ce mois-ci, le total est de 1 174 thésaurus dans 74 langues dont 856 thésaurus en langue française. Les nouveaux thésaurus sont pour l’hallucination en français par Noé et l’autisme en anglais par CKali.

  Pas de nouveaux domaines sémantiques en français ce mois-ci.

  Wikiscan et Wikistats donnent chaque mois accès à beaucoup de mesures, dont la liste des pages les plus consultées et des pages modifiées par le plus de personnes.

  + 20 mots créés sur les 31 proposés dans les Mots du jour ! Merci à Bercours et Bpierreb !


Du pied-de-coq (Echinochloa frumentacea) ou millet japonais, photographié par Thamizhpparithi Maari.

Ces suggestions, affichées sur la page d’accueil, ont été proposées par Noé. Merci de leurs contributions aux personnes qui ont créé de nouvelles entrées : Bercours, Exilexi et Rectrice Argentée !

Semaine 31 (31 juillet au 6 août 2023)

Semaine 32 (7 au 13 août 2023)

 
Schéma illustrant le fonctionnement d’une pompe à chaleur géothermique à fluides intermédiaires, avec à droite l’habitation et son circuit de chauffage.

Connaissez-vous les pompes à chaleur et les différents concepts qui s’y rapportent ? Quelques termes manquants au Wiktionnaire : énergie thermique, thermofrigopompe, aquathermie, refroidissement thermoélectrique, ventilo-convecteur.

Semaine 33 (14 au 20 août 2023)

 
Un bol de tahwa, recette indonésienne similaire au douhua chinois.

Et si on mangeait des plats à base de soja ? De nombreuses recettes viennent d’Asie : dubu gimchi, kongguksu, sundubu jjigae, tahu goreng, yong tau foo.

Semaine 34 (21 au 27 août 2023)

 
En montagne, il est préférable de suivre un itinéraire de randonnée.

Mettons-nous en jambe et pratiquons un peu de sport : marche afghane, marche ultra-légère, randonnée asine, course en montagne, skyrunning ou kilomètre vertical !

Semaine 35 (28 août au 3 septembre 2023)

Semaines suivantes

En septembre : rugby, métiers du social, les évènements de mer et l’émaillage sur lave !

Noms scientifiques

Les noms scientifiques sont-ils des mots de français ? Ce terme englobe les noms uninominaux (par exemple Homalodisca), les épithètes spécifiques (vitripennis) et les noms binomiaux (Homalodisca vitripennis). Ils sont utilisés pour décrire le vivant dans de nombreux contextes : animaux, plantes, champignons, etc.

Ces termes apparaissent dans des textes rédigés en français et peuvent être prononcés par des francophones, mais cela suffit-il à en faire des mots de français ? Les autres noms qui désignent ces réalités sont-ils des synonymes ou des traductions ? Depuis quelle langue alors ?

Que ce soit pour leur créer des entrées dédiées ou pour s’y référer dans d’autres entrées, les noms scientifiques ont dû trouver leur place au sein du Wiktionnaire comme au sein des dictionnaires traditionnels. Il n’existe cependant pas vraiment de tradition lexicographique à les décrire au sein d’un dictionnaire multilingue comme l’est le Wiktionnaire et la stratégie mise en place au sein du projet a été forcément innovante.

Dans le Wiktionnaire, les noms scientifiques disposent d’entrées spécifiques en conventions internationales avec la catégorie Noms scientifiques   Ce ne sont donc pas des entrées de français et ces termes sont indiqués comme traductions plutôt que comme synonymes. Les noms uninominaux et binominaux sont regroupés dans la même catégorie, et il existe également la catégorie Épithètes spécifiques   qui présente peu d’entrées pour l’instant.

La description lexicographique est-elle la même que la description scientifique ? Quel est l’intérêt et la plus-value d’avoir ces entrées dans le Wiktionnaire ? Est-ce que les gens les recherchent dans un dictionnaire ou plutôt dans des bases de données spécialisées rédigées par des scientifiques ?

Ces questions se sont posées à divers reprises au cours de l’histoire du Wiktionnaire mais n’ont été que peu documentées et aucune page d’aide ne rapporte comment traiter au mieux ce sujet. Un chantier à explorer pour faire le lien entre lexicographie et science, et de nombreuses nouvelles entrées sont à créer !
— une chronique par Noé

Anecdote linguistique

Nombreuses sont les langues où le parler des hommes diffère pour certains mots de celui des femmes. Il s’agit le plus souvent d’une différence lexicale : certains mots sont l’apanage des hommes et d’autres, celui des femmes, par exemple des noms pour les animaux dans de nombreuses langues d’Amazonie. Mais il arrive quelque fois que la différence porte sur la prononciation. Ainsi, en tchouktche, langue paléo-sibérienne, le phonème /r/ est prononcé [c] par les femmes. Les mots comprenant ce phonème auront donc deux prononciations différentes en fonction du sexe du locuteur. Ces mêmes femmes n’ont pourtant aucune difficulté à prononcer /r/ lorsqu’elles rapportent les propos d’un homme !
— une chronique par Unsui

De l’éleusine (Eleusine coracana) ou mil rouge, photographié par Prathyush Thomas.


Courrier du lectorat

Anecdote linguistique : Sujet intéressant. Je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec les conventions de salutations parmi l'ancienne aristocratie française quand il s'agissait d'une femme ou d'un homme (le baise-main plutôt que la poignée de main par exemple), ou encore des vêtements portés aujourd'hui selon le sexe de la personne (en Occident, les femmes ont adopté plusieurs types de vêtements portés par les hommes : pantalons, chemises à boutons, vestons, casquettes..., mais l'inverse est peu fréquent : robes, jupes, strings...). Cantons-de-l'Est (discussion) 1 septembre 2023 à 15:21 (UTC)Répondre[répondre]

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