Voir aussi : Boudin

FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(XIIIe siècle) Étymologie incertaine, peut-être[1] de l’onomatopée bod- exprimant une enflure → voir bouder. L’étymon *botellinus, de *botellus, du latin botulus (« boyau ») est contestée du fait de la difficulté du passage phonétique de *bodelin à *boledin, étant donné l’existence d’un *bodel confirmé par l’ancien français boel (« boyau »).
On retrouve[2] ce mot dans boudine (« ventre, nombril, nœud »), dans boursouffler qui est pour *boud-souffler, il est peut-être[2] à rapprocher de l’anglais bud (« bourgeon, bouton, pousse » → voir bouter).

Nom commun Modifier

Singulier Pluriel
boudin boudins
\bu.dɛ̃\
 
Du boudin noir. (1)

boudin \bu.dɛ̃\ masculin

  1. (Cuisine) Boyau rempli de sang et de graisse de porc, avec l’assaisonnement nécessaire. — Note : Au Moyen Âge, il était nommé « saucisse de sang » (expression qui est restée en américain moderne et en allemand (Blutwurst)).
    • En arrivant chez les Messelon, Honoré entendit la rumeur infâme des calotins. Sans perdre la tête il arrêta la voiture au ras de la fenêtre, sauta du siège dans la cuisine, courut au placard prendre l’entonnoir qui servait à couler le boudin et, l’embouchant comme il eût fait un porte-voix, hurla par deux fois :
      « Nom de Dieu de nom de Dieu de bordel de merde ! »
      — (Marcel Aymé, La jument verte, Gallimard, 1933, réédition Le Livre de Poche, page 182)
    • Les plus anciens ont la larme à l’œil et la salive à la bouche en se partageant le boudin et en rappelant les bâfrées de jadis. — (Jean Ferniot, Morte saison, Grasset, 1996)
    • Elle disposa sur la table plusieurs entrées d'un hors-d’œuvre gargantuesque : acras - sorte de beignets épicés –, mousses d'avocat agrémentées de lait de coco, le fameux boudin créole et pour finir, du féroce de morue à l'avocat. Ma bouche chauffa après les acras, s'enflamma suite au boudin et s'arracha horriblement dès la première bouchée du féroce de morue. — (Laurence Hébert, Franck : « Soleil Noir », Éditions Edilivre, 2015)
  2. (Textile) Cordon de fibre textile, avant l’étirage et la torsion.
    • On distingue parmi eux : les fils flammés ou marbrés (obtenus par l’alimentation régulière et continue d’un fil simple et de l’alimentation intermittente, à intervalles réguliers, d’un boudin provenant de la carde boudineuse), […] — (D. de Prat, Nouveau Manuel complet de filature ; 1re partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
  3. (Marine) Coussinet de grosse toile empli de sable qui maintient les plats et les assiettes à bord des navires dans les grands roulis.
  4. (Chemin de fer) Bourrelet de la partie intérieure d’une roue, qui assure le guidage sur la voie ferrée. 
  5. (Marine) Bourrelet de cuir qui fait le tour du navire à la hauteur du second pont.
  6. (Par analogie) (Architecture) Gros cordon de la base d’une colonne.
  7. (Sellerie) Petit porte-manteau de cuir, en forme de valise, qu’on attache sur le dos d’un cheval.
  8. (Serrurerie) Ressort qui est formé d’une spirale de fil de fer, d’acier, de cuivre.
  9. (Coiffure) Boucle de cheveux en spirale qui est ferme et un peu longue.
    • Être frisé en boudins.
    • [À Londres, aux Communes], le président et les secrétaires seuls portaient la robe de soie et la perruque sacramentale de laine grise à deux ou trois boudins. — (François-Xavier Garneau (1809-1866), Voyage en Angleterre et en France dans les années 1831, 1832 et 1833 (1855))
    • Les boudins de sa chevelure formaient des étages, et un collier de saphirs étincelait à sa poitrine, grasse et blanche comme celle d’une femme. — (Gustave Flaubert, Trois Contes : Hérodias, 1877)
  10. (Industrie minière) (Désuet) Mèche avec laquelle on mettait le feu à la mine.
  11. (Par extension) (Populaire) Mot qui désigne beaucoup de choses ou de réalisations qui se présentent sous forme d’un cordon ou d’un bourrelet.
    • Il a formé un boudin de mastic qu’il a utilisé pour colmater la fuite au raccord du tuyau.
    • Il a formé des boudins de terre glaise qu’il a utilisé pour canaliser l’eau.
    • « Mais cette redingote te va comme un gant ! À peine quelques plis sous les bras et des effets de boudin dans la région du ventre. » — (Jules Romains, Les Copains, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 119)
  12. (Familier) (Injurieux) Fille disgracieuse, laideron.
    • Une grande fille vêtue solide mais guère suivez-moi jeune homme, des cheveux raides rituellement permanentés au mois de mai depuis la première communion, en langage d’homme ça s’appelle un boudin. Des tas de filles savent « s'arranger d'instinct ». Moi pas. — (Annie Ernaux, La femme gelée, 1981, réédition Quarto Gallimard, page 371)
    • C’est quand même incroyable, y a pas moyen de trouver un mec un peu sympa pour passer la nuit dans ce bled ! On n’est quand même pas des boudins ? — (Bertrand Blier, Notre histoire, 1984)
    • « J’ai toujours appelé les filles les boudins », répond alors avec le plus grand naturel l’animateur. Pourtant, on ne l’y reprendra plus. — (Raphaëlle Bacqué, Patrick Poivre d’Arvor, Nicolas Hulot, Gérard Louvin… Retour sur l’âge d’or des intouchables de TF1, Le Monde, 19 janvier 2022)
  13. (Sens figuré) Qui ressemble à un boudin.
    • Il commença par Rosa la Rosse, qui découvrit une chose informe, toute ronde, sans cheville, un vrai « boudin de jambe », comme disait Raphaële. — (Guy de Maupassant, La maison Tellier, 1881, réédition Le Livre de Poche, page 27)
  14. (Belgique) Traversin.
  15. Surnom des auxiliaires de police en Suède[1].
    • Le boudin respire lourdement, reste longtemps silencieux. — (Niklas Natt och Dag, 1794, Sonatine, 2021, page 182)

SynonymesModifier

→ voir laideron (12)

DérivésModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

Modifier la liste d’anagrammes

Voir aussiModifier

  • boudin sur l’encyclopédie Wikipédia  
  • boudin sur l’encyclopédie Vikidia  

HomophonesModifier

RéférencesModifier

  1. Cf. Les Echos, Rayon polar : 1794, année pourrie pour la Suède, [1]