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FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Siècle à préciser) Du latin vĕnīre (même sens). Parfaitement régulier en latin, ce verbe en passant en français, est devenu irrégulier, du fait de l’évolution phonétique (alternance des fortes et faibles au présent de l’indicatif ven/vien, amuïssement des voyelles finales atones ou prétoniques internes, épenthèse au futur et au conditionnel présent ; dans l’ordre, on pourrait retracer comme suit la morphologie du mot : *venirát > venrat > vendra > viendra, etc.).

Verbe Modifier

venir \və.niʁ\ ou \vniʁ\ intransitif : 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Se rendre sur le lieu où se trouve celui qui parle ou dont on parle.
    • venez ici, mon enfant. — (1854, Gustave Chouquet, Easy Conversations in French‎, page 9)
    • Il serait bon encore d’invoquer la protection du grand thaumaturge vers qui des milliers et des milliers de pèlerins venaient de toutes les provinces, de toutes les nations. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Un léger souffle l’avertissait de ces présences. Geisha le comparait à ces vagues vents coulis traversant certaines pièces bien closes sans qu’on puisse découvrir d’où ils viennent. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 53)
    • Le pain était arrivé, non sans peine et sans perte : en venant de Grandpré, où se trouvait la boulangerie, plusieurs chariots étaient restés embourbés, d’autres étaient tombés dans les mains de l’ennemi ; […]. — (Goethe, Campagne de France, 1822 ; traduction française de Jacques Porchat, Paris : Hachette, 1889, page 79)
    • L’empressement des envoyés des puissances pour venir adresser leurs félicitations à la cour des Tuileries avait été extrême. — (Albert Mansfeld, Napoléon III, Paris, 1861, volume 2, page 301)
  2. S’étendre jusqu’à un point précis, atteindre une limite.
    • La marée vient jusqu’à la falaise.
    • Votre fils me vient à l’épaule.
  3. Survenir, arriver, se produire inopinément ou fortuitement.
    • Le vent vient brutalement.
    • Un malheur ne vient jamais seul.
  4. Se déplacer en sens inverse, quand celui qui parle invite un autre à l’accompagner.
    • Nous allons nous promener, venez avec nous.
  5. Parvenir à la connaissance de quelqu’un.
    • Cette rumeur est venue jusqu’ici.
    • Il me vint à l’esprit de lui faire cette proposition.
    • Ce goût lui est venu naturellement.
  6. Arriver par succession, échoir.
    • Les biens qui viennent du côté du père, de la mère.
  7. Succéder.
    • Le printemps vient après l’hiver.
    • Un jour viendra ou vous perdrez tout.
  8. Provenir de ; trouver son origine dans.
    • Les produits viennent surtout naturellement des grandes régions de l’industrie textile : Mulhouse pour les tissus de coton et la mercerie, le Nord pour les lainages, Troyes pour la bonneterie. — (Jean Pierre Fruit, Vexin normand ou Vexin parisien?: Contribution à l'étude géographique de l'espace rural, Presse Universitaires de France, 1974, page 158)
    • Ce mot vient du latin. — Mon aversion pour les chiens vient d’une vieille morsure.
  9. Naître → voir venir au monde.
    • Cet enfant est venu à terme.
  10. Pousser ; croître ; être produit.
    • Le métis ayant le salvelin pour mère et la truite pour père et vice versa est également d’un développement remarquable et vient dans les eaux moins profondes que celles qu’exige le premier. — (Jean-Pierre Joseph Koltz, Traité de Pisciculture pratique, 4e édition revue & augmentée, Paris : G. Masson, 1883, page 105)
    • Les arbres n’y viennent pas, il est vrai, si ce n’est dans les jardins abrités; mais c’est moins à cause du froid excessif qu’à cause des grands vents qui soufflent constamment de la mer. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 36)
    • De même le chasseur, quand il intervint pour guider les migrations naturelles des troupeaux, qu’il se contentait au début de suivre, devint un pasteur ; puis éleveur, quand il fit venir artificiellement, « agriculturalement », une partie du fourrage. — (René Dumont, Voyages en France d’un agronome, Librairie de Médicis, 1951, note no 1 page 13)
  11. Semi-auxiliaire du passé récent. → voir venir de.
    • Et ce qu’il y a de certain, c’est que l’Esprit que nous venons de voir chez les idolâtres pythoniser la statue, la matière inerte et l’animal, c’est-à-dire les médiums de pierre, de bois ou de chair vive, communique à chacun d’eux une partie de ses propres facultés, sa vie, son intelligence, sa science et son mouvement au sein de l’air, où il règne en prince ; principes aeris hujus […] — (Roger Gougenot des Mousseaux, Les hauts phénomènes de la magie, 1864)
    • Si l'un des pèlerins venait à mourir sur le bateau, le capitaine devrait ne point pratiquer aussitôt l’immersion, mais bien atterrir quelque part et faire ensevelir le défunt dans un cimetière. — (« Pèlerinage en Terre Sainte au temps jadis », dans Jérusalem, tome 4, 1911, page 368)
  12. Forme impersonnelle, voir aussi revenir.
    • Entre plage et campagne, la vie est ici si douce et la nourriture si variée et délicieuse que l’envie d’aller visiter les autres régions ou sites touristiques, de Messine à Agrigente, ne nous vient pas. — (Abdourahman Waberi , « « En Sicile, l’été, je rencontre des migrants qui me ressemblent trait pour trait » », Le Monde. Mis en ligne le 18 août 2019)
    • Il me vient une idée !
    • Il vient un moment où il faut savoir faire preuve de tempérance.
  13. (Intransitif) Jouir.
    • Tandis que l’un haletait : « Encore » d’une voix faussement féminine, l’autre cria un « Je viens ! » qui me plaqua contre le mur. — (Gérard Mordillat, Vive la Sociale !, 1981, page 81)

NotesModifier

Le verbe venir se conjugue avec l’auxiliaire être pour former les temps composés de la voix active.

VariantesModifier

SynonymesModifier

AntonymesModifier

DérivésModifier

Apparentés étymologiquesModifier

Proverbes et phrases toutes faitesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin venire.

Verbe Modifier

venir \Prononciation ?\

  1. Venir.
    • eu to promet oi en cest di ab me venras in paradis. — (La Passion du Christ, anonyme, c. 980)
      Je te promets, à ce jour-là tu viendras avec moi au paradis

Nom commun Modifier

venir \Prononciation ?\ masculin

  1. (Infinitif substantivé) Arrivée.
    • E sai mieuz conoistre al venir — (Le Roman de Troie, édition de Constans, tome II, p. 126, c. 1165)

Dérivés dans d’autres languesModifier

RéférencesModifier

  • Tableau de conjugaison de l’ancien français, Ogurisu et Okada, (venir).

CatalanModifier

ÉtymologieModifier

Du latin venīre (« venir »).

Verbe Modifier

venir \Prononciation ?\

  1. Venir.

Variantes dialectalesModifier

PrononciationModifier

EspagnolModifier

ÉtymologieModifier

Du latin venīre (« venir »).

Verbe Modifier

venir \be.ˈniɾ\ intransitif 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Venir.
    • Siempre me dices que tienes
      ganas de venir a verme.
      Lo dices, pero no vienes.
      — (José Bergamín, Duendecitos y coplas, 1963.)
      Tu me dis toujours que tu as
      envie de venir me voir.
      Tu le dis, mais tu ne viens pas.

DérivésModifier

PrononciationModifier

InterlinguaModifier

ÉtymologieModifier

Du latin venīre (« venir »).

Verbe Modifier

venir \ve.ˈnir\ (voir la conjugaison)

  1. Venir.

OccitanModifier

 

ÉtymologieModifier

Du latin venīre (« venir »).

Verbe Modifier

venir [beˈni] (graphie normalisée) 3e groupe (voir la conjugaison)

  1. Venir.

Vocabulaire apparenté par le sensModifier

RéférencesModifier

  • Christian Camps, Atlas linguistique du Biterrois, Institut d’études occitanes, Béziers, 1985, page 523
  • (oc) Joan de CantalausaDiccionari General Occitan a partir dels parlars lengadocians, 2002 → consulter cet ouvrage