FrançaisModifier

ÉtymologieModifier

(Vers 1160)[1] Du latin quassare (« casser, rendre vide ou nul »)[1][2], de quatere (« secouer »). (1080) quasser (« briser »).

Verbe Modifier

casser \kɑ.se\ transitif ou intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se casser)

  1. Briser ; rompre.
    • M. Eyssette hausse les épaules :
      — Si c’est Jacques qui y va, dit-il, la cruche est cassée, c’est sûr.
      — Tu entends, Jacques, — c’est madame Eyssette qui parle avec sa voix tranquille, — tu entends, ne la casse pas, fais bien attention.
      M. Eyssette reprend :
      — Oh ! tu as beau lui dire de ne pas la casser, il la cassera tout de même.
      Ici, la voix éplorée de Jacques :
      — Mais enfin, pourquoi voulez-vous que je la casse ?
      — Je ne veux pas que tu la casses, je te dis que tu la casseras, répond M. Eyssette, et d’un ton qui n’admet pas de réplique.
      — (Alphonse Daudet, Le petit chose, 1868, rééd. Le Livre de Poche, page 20)
    • Il y a des engueulades qui rougissent les yeux, bleuissent les joues, crispent les poings, arrachent les cheveux, cassent les œufs, renversent les éventaires, dépoitraillent les matrones, et me remplissent d'une joie pure. — (Jules Vallès, L'Enfant, chap. 8, Le Siècle, 1878 & Éditions Charpentier, 1879)
    • Le thermomètre est descendu à -6° ; tout le gréement était couvert de givre et de glace que je dus casser en montant dans la mâture. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Soudain, la chaîne du vélo casse alors que je suis tout près du village de Voves en Eure-et-Loir, à une vingtaine de kilomètres de Chartres. — (Josette Lassalle, Une Bordelaise dans la Résistance: entretiens avec Jacques Balié, Imprimerie Fanlac, 1996, page 41)
  2. (Par extension) (Cuisine) Se dit lorsqu’une mousse retombe après avoir été battue ou remuée trop énergiquement, ce qui la liquéfie en brisant les bulles d’air qu’elle contient et en chassant l’air de l’émulsion.
    • Mais ne fouette pas tant les blancs en neige, malheureux ! Tu vas les casser !
  3. (Figuré) Affaiblir.
    • Les fatigues de la guerre, les débauches l’ont bien cassé.
    • Il a la voix cassée.
    • Après cette séance de musculation, j’étais cassé.
    • Abdu et Hamid font partie des chanceux ; d’autres le sont moins. Les plus fragiles se sont « clochardisés », trop abîmés, cassés au terme de leur périple par l’ultime épreuve de la rue, témoigne une habitante du quartier Jaurès. — (Solène Cordier , « Paroles de migrants : « Je ne pensais pas vivre un jour comme ça » » sur LeMonde.fr. Mis en ligne le 6 avril 2017, consulté le 7 avril 2017)
  4. (En particulier) (Vêtement) Assouplir une chaussure, souvent par un usage modéré après leur acquisition.
  5. (Droit) Annuler, déclarer nul.
    • Afin d'obtenir la révision du procès, Voltaire publie, en 1763, l'ouvrage Traité sur la tolérance à l'occasion de la mort de Jean Calas, tandis que la famille obtient un entretien à Versailles auprès de Louis XV. Après deux ans d'instruction, le Conseil du roi casse l'arrêt du parlement de Toulouse le 4 juin 1764 pour vice de procédure et renvoie l'affaire devant le tribunal des Requêtes pour qu'il soit statué au fond. — (Affaire Calas sur l’encyclopédie Wikipédia  )
    • Casser un mariage.
    • Casser un testament, un contrat.
  6. Rétrograder ; renvoyer.
    • Ancien sous-off’ de la Légion, il avait d’abord été cassé de son grade, puis ayant « passé au falot », il s’était vu condamner à trente ans. — (Francis Carco, Les Hommes en cage, Éditions Albin Michel, Paris, 1936, p. 50)
    • Casser aux gages : Ôter à quelqu’un son emploi et les appointements qui y sont attachés.
  7. (Argot) Humilier, brocarder quelqu’un par des paroles.
  8. (Argot) Cambrioler, faire un casse.
    • Ils vont toujours par trois, soit pour serrer, soit pour casser
      Casser ?
      — J’veux dire cambrioler. Comprenez-vous, C’est l’terme. Un casseur, ça signifie un cambrio et son boulot s’appelle un cassement.
      — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
  9. (Familier) Faire la monnaie d’un billet de banque.
    • Pourrais-tu me casser ce vingt ?
  10. (Intransitif) Se briser, se rompre.
    • La mer est dure et houleuse, le remorquage pénible. À midi, la remorque casse et le motor yacht me quitte fort vite en me saluant, car il désire rentrer avant l’arrivée du grain. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
  11. (Intransitif) (Familier) Rompre une relation amoureuse.
    • Je pleure parce que je viens de casser avec mon mec.
  12. (Pronominal) (Familier) Partir, s’en aller.

SynonymesModifier

DérivésModifier

Proverbes et phrases toutes faitesModifier

TraductionsModifier

PrononciationModifier

AnagrammesModifier

RéférencesModifier

Ancien françaisModifier

ÉtymologieModifier

Du latin cassare (« casser »).

Verbe Modifier

casser \Prononciation ?\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Secouer.
  2. Frapper.
    • Qui donc veist henap casser ! — (Tristan de Beroul)
  3. Briser.
  4. Endommager.
  5. Casser un arrêt.

VariantesModifier

SynonymesModifier

DérivésModifier

Ancien occitanModifier

ÉtymologieModifier

Mot gaulois → voir cassanh.

Nom commun Modifier

casser masculin

  1. (Botanique) Chêne.

RéférencesModifier

  • François RaynouardLexique roman ou Dictionnaire de la langue des troubadours, comparée avec les autres langues de l’Europe latine, 1838–1844

GalloModifier

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Verbe Modifier

casser \Prononciation ?\ transitif ou intransitif 1er groupe (voir la conjugaison) (graphie inconnue)

  1. Variante en graphie inconnue de câsser (graphie ABCD).

RéférencesModifier